Peine capitale – Marion Lainé

L’accusé était menotté et escorté par cinq gardiens inexpressifs. Son passage dans les couloirs du Centre de Détention soulevait des murmures empressés. L’événement était tel, que la rumeur était parvenue à forcer la gangue d’isolement à laquelle étaient habituellement voués les prisonniers : aujourd’hui, le scientifique renégat, le génie corrompu, le savant fou comparaissait devant le tribunal.

En apparence, c’était un homme ordinaire. Il fallait voir là le miraculeux résultat du Plan de Lissage Sociétal mis en œuvre trois siècles auparavant, face au dénouement chaotique de la dernière Guerre Galactique : par une gestion minutieuse de l’alimentation, de l’activité physique, des apprentissages et de l’exposition aux médias, l’État était parvenu à effacer toute particularité individuelle. Chaque citoyen avait vu, génération après génération, ses traits distinctifs gommés par un environnement soigneusement contrôlé. Chacun remplissait ainsi le rôle attendu de lui, sans qu’aucune fonction ne puisse servir un intérêt individuel. L’objectif n’était rien de moins que la survie, et celle-ci passait par un fonctionnement optimal de la société.

Pourtant, malgré ses cheveux soigneusement coupés – à 1,618 centimètres selon les directives officielles-, malgré ses vêtements de toile noire semblables à ceux de tous les autres détenus, malgré ses pieds nus dépourvus d’ongles, sa peau uniformément bronzée, malgré ses mouvements calmes et mesurés, ses yeux seuls le distinguaient de tous les autres. On n’y trouvait aucune trace de peur.

Le cortège stoppa devant l’arche de téléportation. On agrippa le détenu avant d’y pénétrer. Une prise à la ceinture, l’autre à l’extérieur du coude : le protocole était respecté à la lettre. Deux pas en avant, ajustés aux marquages lumineux réglementaires, et la procession s’avança dans l’antichambre de la salle d’audience 40908.

Le groupe forma un diamant compact dans la pièce vide. Derrière eux, le Centre de Détention était devenu un mur uniformément blanc, analogue à ceux qui les entouraient. Sur celui qui leur faisait face se découpa finalement une porte. On libéra les poignets du détenu pour apposer ses mains de chaque côté du panneau. Ce dernier glissa sur le côté sans un bruit, révélant une pièce ronde dans laquelle l’homme s’avança seul.

-Veuillez-vous asseoir.

La Voix, ni féminine, ni masculine, venait de partout ; elle émanait des murs blancs, tout comme la lumière qui baignait la pièce. L’homme s’assit docilement sur la chaise blanche placée devant lui.

Après quelques secondes immobiles, un nouveau pan de mur se découpa face au prisonnier. L’homme qui pénétra dans la pièce lui ressemblait de manière stupéfiante. Ce n’étaient pas seulement ses cheveux et sa couleur de peau – ces paramètres étaient communs à tous les citoyens-, non, c’était sa stature, sa démarche, l’impression qu’il dégageait, jusqu’aux traits de son visage qui semblaient décalqués à l’identique.

La méthode, dite « de la similarité », était systématiquement utilisée par les auditeurs et bien connue du grand public. Le scientifique s’y était préparé, il l’attendait même avec une certaine curiosité. Face à son double, il comprit que le génie de cette technique excédait ce qu’il avait imaginé. Son objectif officiel était de faciliter les confidences des récitants en réduisant les effets inhibiteurs du stress ou de la culpabilité. A présent, il comprenait son enjeu véritable. Il avait l’impression d’être jeté face à sa propre conscience. Nul ne peut se cacher de lui-même ou contredire son propre jugement. Une brève vague d’angoisse le saisit, puis il se rasséréna. Il était intimement convaincu de la légitimité de ses actions. Preuve en étaient les résultats qu’il avait obtenus…

Son double s’installa face à lui en imitant sa posture – le dos droit, les mains calmement posées sur les cuisses. Il parla d’une voix lente et profonde, comme la sienne devait l’être perçue de l’extérieur, supposa-t-il.

– Bonjour, détenu ORT203ASS:VIE.35. Vous allez être entendu suite aux accusations portées à votre encontre par le D.I.E.U., le Département d’Innovation et d’Érudition Universelles. Avant de procéder au récit, je vous informe que je suis l’auditeur désigné par l’A.N.G.E.S, Assemblée Normative pour la Gestion et l’Éthique Scientifiques, pour recueillir votre version des faits et porter le jugement. Vous serez également entendu par vos concitoyens, qui pourront intervenir anonymement au cours de notre échange. Détenu ORT203ASS:VIE.35, acceptez-vous les termes de l’Audit ?

Assister aux rares récits des accusés était une pratique citoyenne obligatoire. Le scientifique n’hésita pas en énonçant la réponse réglementaire.

– Je les accepte.

– Merci. Nous allons maintenant procéder à votre identification. Vous êtes né sur le système ORTHIA, et issu de la portée 203. Confirmez-vous ces informations ?

– Je les confirme.

– Vous êtes Assistant de Surveillance Scientifique au D.I.E.U., plus précisément affilié au « Programme Académique de Recherche Appliquée au Développement, à l’Instruction et au Savoir », ou P.A.R.A.D.I.S. Vous travailliez jusqu’à présent sur le projet de « Viabilité Indicative d’Évolution », ou V.I.E. Confirmez-vous ces informations ?

– Je les confirme.

– Bien, je vous remercie. Voici les accusations portées à votre encontre par le D.I.E.U. Celui-ci porte plainte, d’une part, pour détérioration matérielle et possession illégale de biens scientifiques privés. D’autre part, pour manquement à votre fonction et nuisance à l’intérêt général. Afin de mettre en lumière les circonstances ayant mené à ces accusations, nous auditons aujourd’hui votre version des faits. Êtes-vous prêt à être entendu ?

Le scientifique sentit son cœur s’emballer. Le moment était venu. Dans les prochaines minutes, il allait devoir utiliser toute la persuasion dont il disposait. Il ne laissa rien paraître de son trouble.

– Je suis prêt.

– Bien. Pour commencer, veuillez nous décrire votre rôle au sein du projet V.I.E.

– Très bien. Je dois tout d’abord vous rappeler que la mise en œuvre du projet est liée aux circonstances de la dernière Guerre Galactique. Nous avons frôlé de justesse l’autodestruction, et nos appels à travers l’espace vers d’autres civilisations se sont révélés vains. La communauté scientifique de l’époque a dû se poser cette question cruciale : toute civilisation est-elle vouée à l’extinction ? C’est ainsi qu’est né le projet « Viabilité Indicative d’Évolution ». En premier lieu, les scientifiques se sont appliqués à la création d’une centaine d’Univers. Chacun d’eux est – comme leur nom l’indique – une Unique Version d’un milieu original, aux caractéristiques physico-chimiques précises. Chaque Univers a été placé sous la supervision d’un Assistant de Surveillance Scientifique. Pour ma part, j’étais en charge de l’expérience 35. Mon rôle était plus précisément d’observer et de rapporter les évolutions que subissait cet univers. Les premiers changements sont de l’ordre de la combinaison simple d’éléments. Mais, si vous leur laissez du temps, ces éléments se mêlent à de nombreuses reprises jusqu’à la formation de systèmes complexes. Et, dans le meilleur des cas, se formera un écosystème dans lequel vont évoluer des créatures. Cela fut le cas avec l’expérience 35. Du moins, jusqu’à l’incident…

L’auditeur, impassible, attendit les cinq secondes de silence réglementaires avant d’intervenir.

– L’incident auquel vous faites référence, s’enquit-il, est bien celui qui a marqué la fin officielle de l’expérience 35, répertoriée lors du trois-cent soixante-et-onzième cycle ?

– C’est exact.

– Pouvez-vous rapporter, précisément, les circonstances de cet événement ?

Le scientifique acquiesça.

– Depuis mon entrée en fonction, j’avais assisté à la constitution de cinq écosystèmes, raconta-t-il. Trois d’entre eux présentaient peu d’intérêt pour notre recherche. Trop accueillants, peu stimulants, les créatures qui s’y développaient ont épuisé rapidement leurs ressources, sans bâtir ne serait-ce qu’une esquisse d’organisation civilisée. Un autre était, lui, trop inhospitalier. Le peu de vie qui s’y créait était systématiquement détruit, comme l’était toute tentative d’agencement complexe du vivant. Un seul écosystème semblait en bonne voie. Sa position par rapport à sa source d’énergie et son mouvement perpétuel faisaient de lui un milieu remarquablement équilibré. Il ne fallut pas longtemps pour que se développent en son sein des créatures de plus en plus complexes, fascinantes. Malheureusement, ce monde si prometteur était encore à l’état embryonnaire, lorsqu’un mouvement brutal de l’Univers a compromis son intégrité. (Une pointe de tristesse était perceptible dans la voix du scientifique.) Une masse en fusion l’a percuté. Il a dévié de sa trajectoire et ses créatures n’ont pas résisté au cataclysme. Du moins, c’est ce que nous avons tous cru…

L’auditeur plissa imperceptiblement les yeux.

– Dois-je comprendre que vous infirmez les données officielles, recueillies par vous-même et trois de vos pairs ?

Le scientifique n’eut aucune hésitation.

– C’est exact.

– Veuillez développer les motifs de cette déclaration, lui enjoignit l’auditeur.

– Bien entendu. Dans les suites immédiates de l’incident, j’ai respecté les recommandations officielles et convoqué trois personnes qualifiées, choisies de manière aléatoire dans le D.I.E.U, pour observer les devenirs de cet ultime écosystème. Durant trois cycles, nous avons tous les quatre suivi le même protocole d’observation, pour finalement confronter nos données. Celles-ci pointaient dans le sens d’un effondrement de l’écosystème, dévié de sa trajectoire si parfaitement équilibrée. Les rapports que vous avez évoqués ont été rédigés à l’issue de cette période d’observation. Face à cinq écosystèmes expirés, le D.I.E.U. a prononcé son verdict : manifestement, cet Univers ne possédait pas le potentiel de faire éclore une civilisation complexe, analogue à la nôtre. L’expérience serait donc archivée. Ce cas n’était pas rare : ce projet avait été lancé plusieurs centaines de cycles auparavant. Nombreux étaient les milieux qui avaient périclité. Mais je ne parvenais pas à me résoudre à abandonner l’Univers 35. Tant de temps s’était écoulé, et nous étions passés si près du but ! (Le scientifique revivait les événements : ses mains s’animaient, ses intonations traduisaient une profonde conviction.) Je ne pouvais pas, en toute conscience, regarder cet Univers disparaître. Pas s’il lui restait la moindre chance de développer un écosystème prometteur. J’ai retardé son archivage pour continuer à l’observer aussi longtemps que possible. Ce que j’ai découvert m’a stupéfait : d’autres créatures avaient évolué dans l’écosystème traumatisé ! Plus fascinant encore, celles qui étaient autrefois des proies se sont adaptées aux contraintes de ce nouvel environnement et ont évolué à une vitesse vertigineuse ! Il m’était dès lors impossible de vouer cet Univers à l’oubli. La date butoir était imminente. Sans possibilité de recours, j’ai dû faire un choix qui m’a plongé dans l’illégalité. J’ai conservé l’expérience et j’ai continué à l’observer.

L’auditeur intervint calmement.

– Vous confessez donc les crimes dont vous accuse le D.I.E.U. ?

Une brève stupéfaction passa sur le visage du scientifique. Pris dans son récit, il avait oublié que sa ressemblance avec l’auditeur n’était que superficielle.

– Certainement pas ! s’exclama-t-il. Je reconnais avoir pris possession de biens scientifiques privés. Mais cela, je l’ai fait uniquement dans le souci de servir l’intérêt général. Je n’ai pas manqué à ma fonction, puisque j’ai continué à l’exercer. D’autant plus que, grâce à ma décision, nous sommes désormais à deux doigts de répondre à la question qui a fait naître le projet V.I.E. !

Il sentait le découragement l’envahir. C’était fini, il avait échoué à les convaincre des enjeux de sa découverte. L’auditeur, légèrement déstabilisé par sa conviction, allait poursuivre le protocole et procéder au jugement quand, soudain, la Voix retentit à nouveau dans la pièce :

– Les citoyens demandent à intervenir dans l’échange. Ils souhaitent savoir ce qu’il est arrivé aux créatures de l’expérience 35, et en quoi cela répond à la Question initiale.

Le scientifique hésita un instant, un hochement de tête de l’auditeur l’autorisa à répondre.

– Comme je l’évoquais, ces créatures ont évolué rapidement pour s’ajuster à leur nouvel environnement. Elles ont dépassé leur instinct de survie primaire et ont élaboré des stratégies d’adaptation de plus en plus complexes. Elles ont atteint un point de non-retour, que nous guettions avec intérêt : elles ont commencé à utiliser l’environnement à leur avantage. Leurs besoins ont augmenté en même temps que leurs capacités. Ils les ont stimulés, les poussant à progresser, parfois de manière violente – car sitôt que l’intérêt individuel apparaît, les conflits naissent quasi-systématiquement. J’observai alors que chaque conflit s’accompagnait d’une compensation réactionnelle : les créatures s’unissaient, s’entraidaient, elles bâtissaient des solutions de force équivalente à celles qui les menaçaient, parvenant ainsi à les dépasser. Elles eurent tôt fait de dominer totalement leur environnement. A mesure que leur société se complexifiait, je ne pouvais m’empêcher de la comparer à la nôtre. Comme nous, elles finirent par atteindre la limite de leurs ressources. (L’auditeur, malgré lui, était suspendu à ses lèvres. Oubliant quelque peu son rôle, il se tenait penché en avant, les yeux écarquillés, attendant la suite avec une crainte mêlée d’impatience.) Voyez-vous, en l’espace de quelques cycles seulement, privées des contraintes autrefois imposées par l’environnement, ces créatures se sont multipliées excessivement. Trop gourmandes, elles ont épuisé dangereusement les ressources dont elles dépendaient pour survivre. Leur mode de vie menaçait de détruire le fragile équilibre qui régissait leur biotope. La réaction de ce dernier ne s’est pas fait attendre : les créatures le détruisaient, il allait les détruire en retour.

L’auditeur tiqua.

– Vous parlez de l’environnement comme d’un être conscient, nota-t-il sans attendre le délai des cinq secondes de silence habituelles.

Le scientifique esquissa un sourire. Il touchait au but.

– Il ne s’agit pas de conscience, corrigea-t-il, mais d’équilibre. C’est là le dessein ultime, ce vers quoi tend tout objet sans jamais l’atteindre.

– Je ne comprends pas, admit l’auditeur.

– Laissez-moi utiliser un exemple concret. Vous connaissez, bien-entendu, les causes de la dernière Guerre Galactique ? Elles sont d’ailleurs similaires à celles qui ont affecté l’écosystème de l’univers 35. Surpopulation, surconsommation, et par-dessus-tout l’intérêt de quelques-uns prévalant sur l’intérêt général. Nous pouvons les résumer par un seul mot :l’excès. Le voilà, le péché à la source de tous les autres. Pourtant, aujourd’hui, nous vivons une situation entièrement inverse. Nous avons compris que ces nécessités, ces plaisirs qui nous poussent d’abord à survivre, puis à construire des sociétés modernes et complexes, sont ceux qui nous détruisent si nous les laissons nous contrôler. Les créatures de mon écosystème l’ont également compris, bien que cela soit encore inconscient.

– Alors, hasarda l’auditeur avec une pointe de fierté, selon votre raisonnement, notre société a atteint l’équilibre parfait.

Le scientifique soupira. Le moment était venu, il allait franchir une limite qui signerait sa condamnation. Peu importait : seule comptait sa conviction d’avoir compris, enfin, l’ultime vérité.

– Pas exactement. Comme je l’ai dit, tout Univers tend vers un équilibre impossible à atteindre. Les éléments, à une échelle plus ou moins grande, oscillent autour de cette tendance centrale, se compensent. C’est ce va-et-vient qui constitue la force ultime de notre Univers : le Mouvement. L’Équilibre et le Mouvement sont indissociables. Ces forces sont nécessaires à la création de toute civilisation, du moins selon notre conception du terme. Notre société aujourd’hui, n’a pas atteint l’équilibre, au contraire ! Elle s’est figée, en réaction à la peur de la destruction induite par la dernière Guerre Galactique. Les plaisirs qui nous poussaient à nous dépasser ont disparu avec notre individualité. Sans eux, c’est le sens même de notre vie qui disparaît. A quoi bon alors s’efforcer de préserver une civilisation ?

L’auditeur releva le menton, scandalisé. Sa ressemblance avec l’accusé n’était qu’une façade. Celle-ci volait en éclats sous les coups de la contradiction.

– Comment pouvez-vous poser une telle question ? Avez-vous oublié tout ce que nous avons construit ?

Le scientifique eut un étrange sourire.

– C’est vrai, nous disposons aujourd’hui de plus de moyens que nous n’avions jamais osé en rêver. Mais les moyens ne sont rien, sans raison de les utiliser.

L’auditeur se tut. La Voix brisa le silence qui régnait.

– Les citoyens demandent à intervenir dans l’échange. Ils souhaitent que l’accusé réponde à la Question initiale. Toute civilisation est-elle vouée à l’extinction ?

– Je peux vous apporter ma réponse personnelle, nuança-t-il. Je pense d’ailleurs que certains ont déjà compris. C’est un Mouvement initial qui est à la source de la naissance de notre civilisation. En toute logique, l’Équilibre voudrait que se crée un jour un mouvement inverse. La vie n’existe pas sans la mort. Tout commencement implique une fin. La seule question qui demeure est : quand ?

L’horreur sur le visage de l’auditeur se mua en une froide colère. Il reprit le contrôle de lui-même.

– Face aux hérésies proférées par l’accusé, je clos cet Audit et déclare le citoyen ORT203ASS:VIE.35, coupable des accusations portées à son encontre par le D.I.E.U.. Il sera, conséquemment, « coupé » de la société. ORT203ASS:VIE.35, avez-vous quelque chose à ajouter ?

Le scientifique, résigné, fit un signe de dénégation. Les deux hommes se levaient lorsque la Voix retentit une dernière fois dans la pièce.

– Les citoyens souhaitent effectuer une dernière intervention. Ils veulent connaître le nom donné à l’Univers 35 par le déclaré coupable ORT203ASS:VIE.35.

Ce dernier eut un léger sourire. Les scientifiques avaient pris cette habitude officieuse de nommer leur sujet d’étude individuellement. Peut-être était-il déjà là, ce mouvement de résistance ?

– J’avais initialement nommé cet Univers « Terrain d’Évaluation de la Réadaptation en Réaction à l’Environnement », leur confia-t-il. Mais pour faire plus court, vous n’aurez qu’à dire « T.E.R.R.E ».

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